Vœux 2016

Je nous souhaite une belle traversée de l’année 2016

 

Je nous souhaite de laisser un sillage heureux et solidaire,

Dans lequel les débris des soubresauts de 2015

Auront laissé place à des sourires aux bras ouverts.

 

Je nous souhaite, pour cette traversée,

Un vent à nous assurer la santé,

Favorable comme une caresse d’ange.

 

Je nous souhaite de croiser sur notre route 

Des bonheurs légers, denses, graves ou furtifs,

Sautant notre pont comme des poissons volants.

 

Je nous souhaite enfin des escales gaies, chaleureuses,

Intenses, où l’amour et l’amitié coulent à flot

Et où le souffle divin abreuve notre soif de vivre en plénitude.

Etre là, posé entre la terre et le ciel

Etre là, pesamment, sur un sol ami

Verticalement tenu par un fil

Traversé par le souffle

Etre là, offert au moment présent

Enveloppé de silence

Sans lien avec le passé ni l’avenir 

Etre là où la mémoire s’efface

Là où l’inquiétude se dissout

Là où la pensée n’est pas

Etre là, seul, relié à la multitude 

Face à face avec l’inconnu

Conscient du tout autre

Etre là, en présence de la présence

Etre là

Juste là

Ne serait-ce qu’un instant !

La vraie vie

« Oui, mais dans la vraie vie,

Ça ne se passe pas comme ça, monsieur l’expert !

Vos modèles, vos concepts, ça fonctionne sur le papier,

Mais ça ne résiste pas à la vraie vie ! »

Ah, la vraie vie, imprévisible, irrévérencieuse !

Celle d’Antigone et de Gandhi, celle de Rosa Parks et de St François,

Qui ne s’en laisse pas conter ni ne se laisse mettre en formule,

La vraie vie qui se meut, qui chatoie, qui exulte,

Qui est là où on ne l’attend pas

Et rend chèvre le plus docte des hommes, 

Et fait la nique à la fausse…

Celle des sachants fats, des savants imbus,

Ecartés en leur temps du royaume, définitivement,

Au profit des tout-petits, des faibles et des ignorants.

A qui a été prêtée l’intelligence de la vie,

De la vraie vie.

Âmes soeurs

Qu’est ce qui, de deux âmes, fait qu’elles sont sœurs ou qu’elles le deviennent ?

A coup sûr pas la naissance, puisque les âmes ne meurent jamais.

Elles deviennent sœurs … par la rencontre, en s’incarnant, à partir de cet océan d’immortalité où elles baignent.

Peu importe les circonstances, qui les amènent à se rapprocher ici-bas l’une de l’autre. 

Lorsqu’elles sont toutes proches, elles entament leur dialogue, d’âme à âme.

Ce dialogue dépasse le corps, qui ne fait que donner vie à leurs rires et leurs chuchotements, en laissant échapper un frisson, une langueur, une larme parfois, de joie.

Qu’ont-elles donc en commun ces âmes qui se disent sœurs, si ce n’est qu’elles se reconnaissent avec juste ce qu’il faut de similitude pour se comprendre et de différence pour se surprendre.

Elles se tiennent à l’écart de la grande sœur passion, qui cherche à fusionner tout ce que son feu touche.

Elles, les deux âmes sœurs, veulent garder leur singularité, elles tiennent l’altérité en grande estime.

Pour être complices, elles savent qu’il leur faut garder toute une part de mystère, et ne révéler que ce qui pourra nourrir une délicatesse nouvelle, dont les yeux embués ne seront que l’infime trace de cette vague venue de très loin.

Voeux 2015

De même qu’il n’y aurait pas de fumée sans feu,

Ni de parfum sans fleurs,

Ni de couleurs sans lumière,

Il n’y a pas de joie sans causes.

Je nous souhaite, pour 2015,

D’être cause de mille joies

Et d’accueillir celles, petites, nombreuses, qui nous frôlent

Comme celles, grandes, rares et belles qui nous submergent.

Bonne année 2015, enchantée, en santé !

Sollicitude

Restée à l’écart des grands sentiments,

Moins prisée que l’amour ou l’amitié,

Qui habitent indifféremment hommes et femmes,

Tu t’es contentée d’une place en notre part féminine

Y faisant ta demeure, inquiète et bienveillante.

De là tu nourris ces gestes envers l’autre,

Ni ami, ni amant, mais proche ou lointain.

Tu te glisses dans les enveloppements,

Les gestes tendres et les regards caressants.

Sur les champs de bataille, dans la rue,

Comme au cœur des chaudes maisons,

Tu es le baume des blessés, l’élixir des faibles,

Et la parure de ceux qui t’abritent et que tu vêts.